Le 28 septembre dernier avait lieu le Thrill on the Hill Festival 2013 à Shelsley Walsh. Très désireux de participer à nouveau à une grande manifestation Morgan en Angleterre, je m’y suis donc inscrit pour deux ascensions de cette course de côte mythique. C’est en 1905 qu’a eu lieu la première épreuve sur ce tracé, ce qui en fait un des lieux les plus anciens toujours réservés à la compétition automobile actuellement.
Le vendredi 27 septembre, j’ai donc quitté Liège aux petites heures pour rejoindre Dunkerque et le Car-Ferry. Sur la route, j’ai eu un peu froid. J’ai eu beau chercher la commande de chauffage, il n’y en a pas. Après une traversée confortable et non sans avoir avalé un english breakfast of course, me voici sur les routes du Kent. Après un arrêt chez Brands Hatch Morgans, je continue vers ma destination par la M25 et la M40 que je quitterais au niveau d’Oxford pour des routes secondaires. C’est alors un vrai plaisir de rouler au travers de ces endroits idylliques, en traversant de petits villages tous au plus charmants les uns que les autres.
Après 600km de route et deux bonnes heures de bateau, j’arrive à destination, le Premier Inn de Bromsgrove Sud à Upton Warren. L’hôtel est tout à fait à mon goût, tout comme le pub-restaurant attenant où j’rais immédiatement écluser une bonne pinte de bitter beer, le bonheur total après un long voyage. Le restaurant a à sa carte plus que de quoi me régaler. Le soir je ne tarderais pas à tomber dans les bras de Morphée pour une nuit réparatrice.
Le lendemain à sept heures, je prends la route pour Shelsley Walsh. Le Morgan pétarade et siffle gaiement sur des petites routes que je quitte pour prendre celle qui donne accès à la course de côte. A un moment, j’aperçois deux gaillards en vestes fluo à l’entrée d’une propriété. C’est bien là, en plus je suis le premier à y arriver et je suis gratifié du numéro 1. Je pénètre dans ce lieu sacrosaint pour rejoindre l’emplacement numéro 1. Celui-ci se trouve sous une toiture soutenue par des piquets de bois. Les emplacements sont particulièrement étroits et inaccessibles à certains modèles de Morgan. De là je me rends au bureau des marshals pour m’enregistrer pour les deux montées. Les participants commencent à affluer et on fait la queue, comme c’est la coutume en Angleterre. Il faut savoir que dans ce pays considéré comme le berceau de la compétition automobile, celles-ci sont interdites sur route ouverte. C’est pourquoi toutes les courses de côtes se trouvent sur des terrains privés. Cela explique leur faible longueur. Le parcours de Shelsley Walsh fait 1.000 yards, sachant qu’un yard vaut trois pieds, cela nous fait environ 900m.

Me voici sur la ligne de départ pour ma première montée. Je me montre prudent car les quelques virages sont à l’aveugle et le « S » est bordé par des billes de chemin de fer peu accueillantes. Même s’il est extrêmement court, le parcourt est particulièrement sélectif et demande des talents de pilotage aiguisés pour y réaliser un bon chrono. Revenu au paddock, je pars à la découverte du reste de cet endroit au charme désuet. Tout date effectivement d’une autre époque et dégage un parfum de nostalgie auquel je ne suis pas insensible. L’endroit dispose de toutes les commodités et j’en profiterais pour aller prendre un bon petit déjeuner au restaurant self-service. J’enchaine ensuite avec la visite des stands et échoppes commerciales.
Les montées s’enchainent sans problème, ce qui fait que ma deuxième ascension, prévue après la pause, est avancée. Coup de chance je me rends compte à la dernière minute que c’est de nouveau à mon tour. Je saute dans le Morgan, mets mon casque, ma ceinture et en route pour la ligne de départ. Là, plus d’hésitation, je tire le maximum de chaque rapport de vitesse et prends tous les virages beaucoup plus vite que la première fois, avec une plus petite marge de sécurité. C’est le plaisir à l’état pur, trop court à mon goût. Une ou plusieurs montées supplémentaires auraient été appréciées. Le reste de la journée sera mise à profit pour découvrir le parcours côté spectateurs, la fête et ses attractions plus toutes ces Morgan parquées dans une immense prairie. J’en ai eu plein les yeux. Pendant la pause, un Spitfire et venu faire quelques figures impressionnantes au-dessus de nos têtes, un vrai régal.

Côté participation, celle-ci était partagée entre au moins une vingtaine de Three Wheeler et quelques centaines d’autres toutes pour la plupart assez récentes. Les non Anglais se comptaient sur les doigts d’une seule main. Pour ceux qui veulent voir les photos, il faut se rendre sur la page Facebook de Morgan Motor Company.
Les meilleurs choses ayant toujours une fin, je prends la route du retour vers mon hôtel. Le lendemain, ce sera le chemin inverse vers la Belgique parcouru sans problème. Je me suis juste fait une sérieuse frayeur sur l’autoroute en passant avec ma roue avant gauche dans un trou. Cela a eu pour effet de m’arracher le volant des mains et de projeter le Three Wheeler sur la bande d’arrêt d’urgence. J’ai rapidement repris la situation en main, mais cela fait quand même peur. Il est plus que temps qu’on apporte une solution à ce défaut de conception qui représente un réel danger et un vrai désagrément.
