Images d’automne pour futur après midi pluvieux
Posté : lun. 28 nov. 2011 10:28 am
Vite, emmagasiner le maximum d’images, de sensations, de souvenirs. Pour le nouveau Morganiste que je suis, la période d’hiver qui va amener son lot d’après midi pluvieux va réduire en peau de chagrin les occasions de rouler cheveux au vent, l’air béa, tel un aigle royal qui …
… je m’égare.
Après cet automne interminable qui s’est étalé de juin à la mi-août (coucher minou, ce n’est pas à toi que je parle), les cieux furent avec moi. La livraison tant attendue de l’objet de mes désirs sonna le glas pour les frimas estivaux et arriva à point nommé pour un été indien comme on en voit peu…en tout les cas dans mes contrés nordiques. C’est donc sans limitation que j’ai pu jouir de mon beau jouet depuis la rentrée.
Afin de conserver des souvenirs palpables et partageables pour mes longues après midi de contemplation durant cet hiver (oui, je suis très contemplatif l’hiver, quand le vent souffle, que le feu crépite dans la cheminée et que mes domestiques m’apportent mon goûter, confortablement installé dans mon canapé (moi, pas mon goûter)… non chérie, ce n’est pas de toi dont je parle (me serais-je encore égaré…une chose est certain, je suis épié))
C’est donc de bon matin que je sorti récemment ma Morgan avec un programme bien précis : Une trentaine de kilomètres, pas plus, avant de tondre ma pelouse (pardon? Ah, vous y aviez cru aux domestiques ?) histoire de profiter d’un de mes moments favoris de la semaine : le samedi matin, tôt, quand le soleil est encore bas, la nature silencieuse et mon âme vagabonde (après, quand je tond ma –trop grande- pelouse, elle est beaucoup moins vagabonde).

La belle prise au saut du lit
Par ailleurs (j’y vais aussi de temps en temps), je souhaitais, même sur une courte distance comparer mes plaisirs selon différents critères : side screen or not side screen, conduite un peu nerveuse ou parcours au fil de l’eau avec de petits filets de gaz sporadiques et Glenn Gould jouant Bach.

C’est parti. Démarrage…Ah, je suis toujours surpris par ce beau bruit que l’échappement produit à partir d’un petit 2 litres. Ni trop, ni trop peu. On commence sans side screen et en douceur histoire de chauffer la mécanique et d’entendre distinctement les Variation Goldberg de l’ami glenn.

Ok ce n’est pas très sportif comme conduite mais quel plaisir de mener cette jolie voiture sur des petites routes de campagne. Celles-ci sont particulièrement étroites et le revêtement assez « aléatoire » mais bon, tant que l’on n’a pas de dos d’âne qui dépasse 1.5 cm, la voiture est assez confortable. Il fait frais (mais, plus tard, avec les side screen , une casquette et une écharpe pour la nuque, je trouve que l’on est bien à l’abri du vent et de la fraîcheur ambiante…même sans chauffage. En fait, il n’y a que le remous du vent à l’arrière qui mérite les petites précautions vestimentaires évoquées plus haut. J’ai aussi testé par 4°C, un matin brumeux et je confirme).
Si l’on ne fait que caresser l’accélérateur, on entend distinctement la radio et, avec les couleurs automnales des bois alentours, les odeurs de la nature et le soleil qui pointe….un vrai bonheur pour un amoureux de la nature et de l’automobile que je suis.
En terme de performance, dès qu’une petite ligne droite se présente, on constate que les accélérations sont franches sans être démoniaques. J’imagine que le 6 cylindres doit provoquer davantage de sensations en la matière mais compte tenu de mes capacités de conducteur et du type de routes que je fréquente avec ma Morgan, la Plus 4 me comble d’aise : 7secondes le 0/100 + le bruit + le vent = des sensations bien présentes. J’ai eu l’occasion d’évoquer mon expérience de véhicules d’avant guerre : ici on a le beurre et l’argent du beurre. On a le sentiment de conduire une vieille automobile (ou plutôt de conduire une automobile comme dans l’ancien temps : moins de vitesse mais plus de sensations) mais sans les inconvénients (boites de vitesse rétive, entretien coûteux, utilisation souvent trop exclusive…).

Cent cinquante et un chevaux dans la nature

Dire que je vis dans cet endroit depuis 12 ans et que je n’avais pas encore parcouru un quart de toutes ces petites routes pleines de charme (au fait, pour les natifs d’autres régions un peu dubitatifs, le bassin minier, les terrils et les corons, ce n’est qu’une coulée qui part de Valenciennois jusque la région de Béthune sur une trentaine de kilomètres de large….autant dire une très petite partie d’une région par ailleurs fort verte et pleine de petites routes bien agréables. Pour le reste, le niveau de pluviométrie est comparable à celui de Paris…vient-il à l’idée de dire que la région parisienne est invivable à cause de la pluie ?).
Bon. Ma petite minute de propagande Chti étant écoulée, revenons à l’essentiel.

On enlève les side screen, on ferme la radio et on augmente les sensations de conduite en conséquence. Comme diraient les frères Bogdanov, la vitesse de propagation du vent s’étant accru sensiblement autour de mon cortex cérébral, l’impression de vitesse s’est accélérée proportionnellement. Le passage des vitesses (en montée comme en descente) est agréable et s’accompagne de franches montées en régime. Mes capacités de pilotage étant peu étendues, je me contente de quelques accélérations. Les virages serrés montrent que l’arrière à rapidement envie de jouer la fille de l’air mais que, à vitesse raisonnable, la voiture se remet bien dans l’axe…prudence malgré tout car on a tout de même un gros défaut dans le Nord…on ne sait pas faire de route de campagne sans mettre de profonds fossés de chaque coté.

Ce qui est sympathique avec cette voiture, c’est aussi que, quand comme moi on n’a pas véritablement de notion de pilotage, on peut -en roulant encore prudemment- avoir des sensations comme si l’on conduisait une berlinette à un régime beaucoup plus soutenu (et là, compte tenu de l’étroitesse des routes, des fossés et du revêtement chaotique…bonjour les risques !).

Aviez vous remarqué que j’aime l’association entre le vert et le bordeaux (non ! pas le verre, le VERT ! C’est pas l’heure)
Par contre, attention aussi aux freinages d’urgence. Pas d’ABS et un arrière …disons joueur…rappellent que je ne suis pas dans ma Volvo.
Ces trop courts instants de plaisir touchent à leur fin. Encore un petit coup d’accélérateur juste pour le plaisir. Point mort. Extinction des feux.
Silence.
…
Le calme de la nature reprend ses droits.
Voilà pour ces quelques impressions automnales. J’espère ne pas avoir été trop long et ne rien avoir oublié.
PS : Ah, si…encore quelques impressions de personnes extérieures. En effet, je suis toujours friand de recueillir les avis de gens qui ne passent pas une partie de leur existence à penser automobile. Ces regards « neutres » sont certes moins experts mais ont l’avantage (comme en peinture) d’être « nettoyés » de critères tels que : la valeur pécuniaire, un éventuel pedigree, une valeur historique ou technologique ainsi que , les avis des passionnés qui (quoiqu’on en dise) influencent nos avis au fil des années…. Les regards « profanes » me semblent tout à fait complémentaires du notre et permettent parfois de nous remettre les idées en place ou, en tous les cas, de relativiser nos jugements.
Ce qui revient le plus souvent : Qu’est-ce que l’on est assis bas ! Je pensais avoir plus froid ! Ça pousse ! Qu’est ce que c’est beau ces vieilles voitures…

Bonne semaine à tous
… je m’égare.
Après cet automne interminable qui s’est étalé de juin à la mi-août (coucher minou, ce n’est pas à toi que je parle), les cieux furent avec moi. La livraison tant attendue de l’objet de mes désirs sonna le glas pour les frimas estivaux et arriva à point nommé pour un été indien comme on en voit peu…en tout les cas dans mes contrés nordiques. C’est donc sans limitation que j’ai pu jouir de mon beau jouet depuis la rentrée.
Afin de conserver des souvenirs palpables et partageables pour mes longues après midi de contemplation durant cet hiver (oui, je suis très contemplatif l’hiver, quand le vent souffle, que le feu crépite dans la cheminée et que mes domestiques m’apportent mon goûter, confortablement installé dans mon canapé (moi, pas mon goûter)… non chérie, ce n’est pas de toi dont je parle (me serais-je encore égaré…une chose est certain, je suis épié))
C’est donc de bon matin que je sorti récemment ma Morgan avec un programme bien précis : Une trentaine de kilomètres, pas plus, avant de tondre ma pelouse (pardon? Ah, vous y aviez cru aux domestiques ?) histoire de profiter d’un de mes moments favoris de la semaine : le samedi matin, tôt, quand le soleil est encore bas, la nature silencieuse et mon âme vagabonde (après, quand je tond ma –trop grande- pelouse, elle est beaucoup moins vagabonde).

La belle prise au saut du lit
Par ailleurs (j’y vais aussi de temps en temps), je souhaitais, même sur une courte distance comparer mes plaisirs selon différents critères : side screen or not side screen, conduite un peu nerveuse ou parcours au fil de l’eau avec de petits filets de gaz sporadiques et Glenn Gould jouant Bach.

C’est parti. Démarrage…Ah, je suis toujours surpris par ce beau bruit que l’échappement produit à partir d’un petit 2 litres. Ni trop, ni trop peu. On commence sans side screen et en douceur histoire de chauffer la mécanique et d’entendre distinctement les Variation Goldberg de l’ami glenn.

Ok ce n’est pas très sportif comme conduite mais quel plaisir de mener cette jolie voiture sur des petites routes de campagne. Celles-ci sont particulièrement étroites et le revêtement assez « aléatoire » mais bon, tant que l’on n’a pas de dos d’âne qui dépasse 1.5 cm, la voiture est assez confortable. Il fait frais (mais, plus tard, avec les side screen , une casquette et une écharpe pour la nuque, je trouve que l’on est bien à l’abri du vent et de la fraîcheur ambiante…même sans chauffage. En fait, il n’y a que le remous du vent à l’arrière qui mérite les petites précautions vestimentaires évoquées plus haut. J’ai aussi testé par 4°C, un matin brumeux et je confirme).
Si l’on ne fait que caresser l’accélérateur, on entend distinctement la radio et, avec les couleurs automnales des bois alentours, les odeurs de la nature et le soleil qui pointe….un vrai bonheur pour un amoureux de la nature et de l’automobile que je suis.
En terme de performance, dès qu’une petite ligne droite se présente, on constate que les accélérations sont franches sans être démoniaques. J’imagine que le 6 cylindres doit provoquer davantage de sensations en la matière mais compte tenu de mes capacités de conducteur et du type de routes que je fréquente avec ma Morgan, la Plus 4 me comble d’aise : 7secondes le 0/100 + le bruit + le vent = des sensations bien présentes. J’ai eu l’occasion d’évoquer mon expérience de véhicules d’avant guerre : ici on a le beurre et l’argent du beurre. On a le sentiment de conduire une vieille automobile (ou plutôt de conduire une automobile comme dans l’ancien temps : moins de vitesse mais plus de sensations) mais sans les inconvénients (boites de vitesse rétive, entretien coûteux, utilisation souvent trop exclusive…).

Cent cinquante et un chevaux dans la nature

Dire que je vis dans cet endroit depuis 12 ans et que je n’avais pas encore parcouru un quart de toutes ces petites routes pleines de charme (au fait, pour les natifs d’autres régions un peu dubitatifs, le bassin minier, les terrils et les corons, ce n’est qu’une coulée qui part de Valenciennois jusque la région de Béthune sur une trentaine de kilomètres de large….autant dire une très petite partie d’une région par ailleurs fort verte et pleine de petites routes bien agréables. Pour le reste, le niveau de pluviométrie est comparable à celui de Paris…vient-il à l’idée de dire que la région parisienne est invivable à cause de la pluie ?).
Bon. Ma petite minute de propagande Chti étant écoulée, revenons à l’essentiel.

On enlève les side screen, on ferme la radio et on augmente les sensations de conduite en conséquence. Comme diraient les frères Bogdanov, la vitesse de propagation du vent s’étant accru sensiblement autour de mon cortex cérébral, l’impression de vitesse s’est accélérée proportionnellement. Le passage des vitesses (en montée comme en descente) est agréable et s’accompagne de franches montées en régime. Mes capacités de pilotage étant peu étendues, je me contente de quelques accélérations. Les virages serrés montrent que l’arrière à rapidement envie de jouer la fille de l’air mais que, à vitesse raisonnable, la voiture se remet bien dans l’axe…prudence malgré tout car on a tout de même un gros défaut dans le Nord…on ne sait pas faire de route de campagne sans mettre de profonds fossés de chaque coté.

Ce qui est sympathique avec cette voiture, c’est aussi que, quand comme moi on n’a pas véritablement de notion de pilotage, on peut -en roulant encore prudemment- avoir des sensations comme si l’on conduisait une berlinette à un régime beaucoup plus soutenu (et là, compte tenu de l’étroitesse des routes, des fossés et du revêtement chaotique…bonjour les risques !).

Aviez vous remarqué que j’aime l’association entre le vert et le bordeaux (non ! pas le verre, le VERT ! C’est pas l’heure)
Par contre, attention aussi aux freinages d’urgence. Pas d’ABS et un arrière …disons joueur…rappellent que je ne suis pas dans ma Volvo.
Ces trop courts instants de plaisir touchent à leur fin. Encore un petit coup d’accélérateur juste pour le plaisir. Point mort. Extinction des feux.
Silence.
…
Le calme de la nature reprend ses droits.
Voilà pour ces quelques impressions automnales. J’espère ne pas avoir été trop long et ne rien avoir oublié.
PS : Ah, si…encore quelques impressions de personnes extérieures. En effet, je suis toujours friand de recueillir les avis de gens qui ne passent pas une partie de leur existence à penser automobile. Ces regards « neutres » sont certes moins experts mais ont l’avantage (comme en peinture) d’être « nettoyés » de critères tels que : la valeur pécuniaire, un éventuel pedigree, une valeur historique ou technologique ainsi que , les avis des passionnés qui (quoiqu’on en dise) influencent nos avis au fil des années…. Les regards « profanes » me semblent tout à fait complémentaires du notre et permettent parfois de nous remettre les idées en place ou, en tous les cas, de relativiser nos jugements.
Ce qui revient le plus souvent : Qu’est-ce que l’on est assis bas ! Je pensais avoir plus froid ! Ça pousse ! Qu’est ce que c’est beau ces vieilles voitures…

Bonne semaine à tous