Je ne sais pas si l’on peu parler de progrès car il y aura toujours des gens qui préfèrent les voitures à cheval, mais après tout ont-ils tort ? Nous entrons ici dans un débat philosophique…BAR83 a écrit :Tout ça est bel et beau et démontre s'il en était besoin la supériorité de l'esprit sur la matière. Parfait. Maintenant, je pose une question stupide : l'utilisation de l'électronique sur des voitures comme les nôtres est-elle VRAIMENT un progrès ?
Ce qui est incontestable c’est que l’électronique a permit de remplacer beaucoup de pièces mécanique en mouvement et générant des frottements, donc de l’usure : rupteur, allumeur, avance à dépression ou/et masselottes centrifuges etc. Ceci conduisant à une certaine simplification de la mécanique dans un premier temps. Par ailleurs le réglage d’un moteur était, avant l’avènement de l’électronique, toujours un compromis car le calage de l’allumage et la richesse du mélange ne sont pas les mêmes au ralenti, à charge intermédiaire et à pleine charge. D’autre part un mauvais réglage (ou déréglage) pouvait conduire à une destruction du moteur. L’arrivée de l’électronique, qui s’est introduit doucement, et la miniaturisation des composants à permit de concevoir des calculateurs très puissants conduisant à une vue tout à fait différente : au lieu que les réglages soient des compromis, ils sont supprimées au profit d’une stratégie de temps réel. En effet puisque désormais il devient possible, grâce à cette électronique embarquée, il devient plus facile de mesurer, tester, observer ce qui se passe dans le moteur et agir sur les différents paramètres comme l’avance à l’allumage et la richesse du mélange gazeux. Ceci est réalisé grâce à des programmes stockés dans les fameux EPROM des « chips ». Sans ces possibilités liées à l'électronique, il aurait été très difficile de faire des systèmes de calage de distributions variables et c'est grâce à eux que l'on a des moteurs à 4 soupapes par cylindre efficients car cette technique vient de la compétition où le seul Graal est le remplissage optimum à pleine charge (au début ces moteurs étaient complètement creux à charge partielle). Sans ces progrès on n’aurait jamais pu atteindre le niveau d’émissions des voitures modernes.
Maintenant, est-ce que l’on pousse trop loin ? Personnellement je commence à penser que l’on va trop loin, avec les essieux intelligents et autres suspensions pilotées, directions et freins « by wire » on fait tenir la route à un bahut normand et je ne serai pas étonné lorsque demain l’on fera voler les fers à repasser. Deux problèmes vont rapidement se poser : la transmission, le stockage et la pérennité de la connaissance de tout de qui est embarqué et le vieillissement des composants. J’imagine une Allemande de haut de gamme tombant en panne devant un garage de province dans 15 ans, que se passera-t-il ? On voit bien que lorsque l’on a une voiture simple de plus de cinq ans on n’intéresse déjà personne et que l’on peine à trouver des compétences.
Morgan ne peut pas échapper à ce mouvement et , je pense, que s'il n'améliorent pas leur ingénierie, ils vont au devant de graves déboires.
Mon cher BAR, je ne sais pas si cela répond à ta question mais pour conclure je dirais qu’il ne faut pas avoir peur de l’électronique, mais c’est comme dans tout l’abus est néfaste.
Cordialement.

